Et j'ai vu quelques fois ce que l'homme a cru voir ! / Sylvain Ciavaldini

du 10 mars au 8 avril 2017


Dans la suite de ses précédents travaux, cette nouvelle proposition s’articule autour de la forme et de l’imaginaire.

La forme est comprise par Sylvain Ciavaldini comme la manifestation physique de l’acte créatif. Elle se manifeste dans ses œuvres sous trois aspects différents :

- Un magma informe. Matière plastique et malléable cherchant à occuper l’espace, la forme n’est alors pas encore révélée mais en devenir.

- Une forme projetée. Héritage de la pensée cartésienne et fruit de l’esprit de l’homme, la forme est contrôlée et maîtrisée.

- Une forme prégnante. Sans fonction identifiable, la forme s’impose dans l’image et est révélée dans sa mise en situation, par son rapport au Monde.

De la même façon, les images utilisées par Sylvain appartiennent à deux registres principaux : le dessin et le détournement de documents anciens.

Traités par le dessin, les espaces mis en scène sont perspectifs. Lieux essentiellement abandonnés par l’homme après avoir été pensés, construits et utilisés, ces espaces sont comme une métaphore existentielle tant sur l’utilisation de la forme dans la pratique artistique (recyclage historique, citation...) que sur le cycle de vie et de mort de l’Homme. Les formes dites “projetées” interviennent dans ces espaces par le vide. Seul le travail de l’esprit est capable ou susceptible de reconstituer ces formes.

Les formes « magma », elles, sont comme jetées sur le dessin précis et contrôlé. Ces formes informes contiennent toutes les formes du monde, du tas de terre glaise prométhéen au magma mouvant. C’est ici l’imaginaire et la projection mentale qui permettent de construire une réalité. On retrouve ici un thème cher à l’artiste : le va et vient constant entre le réfléchi et le spontané.

Les documents anciens que Sylvain Ciavaldini détourne ont leur propre histoire, étrangère à son corpus formel. Il parasite ces sources en y intégrant des formes que l’on pourrait qualifier de purement formalistes dans la mesure où totalement gratuites au point de prendre parfois un caractère utopique. S’y ajoute une dimension humoristique introduite par le décalage visuel et l’anachronisme, démultipliant ainsi la lecture du travail. Le détournement plastique de l’œuvre révèle l’œuvre.

« Il y a dans tout ce travail, un hommage à ce que je considère comme la naissance ou l’invention de la forme plastique géométrique révélant la pensée humaine. Dans la fresque de Giotto “L’expulsion des démons d’Arezzo” faisant partie du cycle de Saint François d’Assise à Assise, l’aggloméra de parallélépipèdes formant architecture est pour moi comme le cortex cérébral de l’artiste. » Sylvain Ciavaldini

Sylvain Ciavaldini présente également deux travaux de peinture : une série qui prolonge l’inspiration de Giotto et apparait comme des possibilités de configuration de l’esprit humain ainsi qu’un travail à quatre mains avec l’artiste Katia Bourdarel. Dans ce travail collectif, des formes « magma » de Sylvain Ciavaldini recouvrent partiellement une toile solennelle, mystique et intemporelle de Katia Bourdarel. Métaphore de la création, ces toiles deviennent une représentation même de l’acte de peindre. 

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